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Viveiro ou l’éthylisme

Première escale, Viveiro, à la fois inattendue et bienvenue, nous avions besoin de nous réchauffer après cette épreuve. Dans un premier temps, difficile de juger de la taille de la ville en arrivant depuis la mer, néanmoins nous assimilons rapidement la topographie essentielle du lieu.

Ce village perdu dans une vallée est tellement animé en cette saison qu’on pense avoir à faire à une ville. Tous les soir les rues sont bondées de gens de toutes générations confondues, parents, enfants, grands parents, trentenaires célibataires viennent boire leur Estrellia de Galicia et manger les tapas offerts dans les nombreux bars de la rue principale. Dans ce genre de situation, on ne se fait pas prier pour adopter la coutume des autochtones.

Je ne vois nullement le besoin de préciser que le rythme s’annonçait soutenu, d’autant que nous allions faire une rencontre pour le moins impromptue. Rarement levés avant midi, jamais couchés avant 2h. Régime poulpe, pomme de terre et houblon – les espagnols savent prendre soin de leur foie et réservent une attention toute particulière à la dose d’huile qu’ils utilisent dans leur cuisine.

C’est accoudé à une table d’un des bistrots de la fameuse rue, occupés que nous étions à regarder défiler les charmantes Viveroises, que Clément remarque un type portant un ciré avec écrit dans le dos en français « club nautique ». Avec son tact naturel, il aborde l’intrigant: « hé là, salut mec, tu parle français ou quoi? » le jeune homme et sa copine étonnés de s’esclaffer en levant leurs bières quasiment déjà aussi vides que les nôtres: « des français!? ». L’idée de trouver des touristes français de notre âge à Viveiro à quelques jours de Noël pouvait paraître étonnante, mais la réalité l’était encore plus. « qu’est-ce qui vous amène ici? » enchaîne le mousse pompette, « bah, on est arrivés en bateau, et vous? » « la même ». Vu le nombre de gens qui traversent le golfe à la voile en cette saison, vu le nombre de gens de nos âges – 24 et 26 ans – qui se lancent en voilier dans un long voyage, vu le peu de chance qu’on avait de s’arrêter dans ce bled, on peut vraiment parler d’un sacré coup du hasard. « hép la garçons, quatro autras cañas por favor! ». Il faut fêter ça.

Avec nos deux comparses, Anouk et Hugo, une sacrée bande de fous comme on les aimes, nous avons sillonné les ruelles et écumé les bars et clubs de la ville. Ils nous ont passés les clefs des douches du port et filé le bon plan pour dépanner le moteur – une purge. On a rencontré les locaux, le papy Manolo qui payait toutes nos tournées, les serveurs du « Recuncho » qui se moquaient bien de nous, une nana qui parlait français et qu’on croisait tous les soir à des endroit différents, les serveuses du café avec les burger à 2 euros de la plaça Real.. On s’ai arrangé pour ne surtout pas mollir sur les doses ni de nourriture, ni de boisson.

On a rencontré également d’autres marins à la marina, René puis James et sa femme. On allait au bistrot pour boire, c’est évident, mais également pour choper le wifi et rester en contact avec les frénésies de la modernité. Ci-dessous avec René, Anouk et Clément au meilleur « wifi » de la ville.

James notre sauveur qui nous donnera 30 litres d’un gazoil excellent chargé d’additifs à l’anglaise avant notre départ.

Avec tout ça, Noël était là, le moteur remis en route et le bateau tancké à la marina pour la soirée. Anouk et Hugo sont allés cueillir des moules et des bigorneaux à marée basse, moi je cuisinait les pommes de terre que Francis m’avait confié à Bordeaux, recette canarienne. René pris deux excellentes bouteilles avec lui. En bon capitaine, j’avais également pris des cigares. L’avènement fut fêté à bord du « Dis oui » d’Hugo et Anouk en compagnie de leurs deux chats et allègrement prolongé par une sortie en ville, jusqu’au petit matin sans doute?

Remarquez je dois exagérer un poil, nous avions du rester plus sobre et nous coucher relativement plus tôt car je lis dans le carnet de bord: lundi 26 décembre. 14h50 quitté port de Vivero.. Hugo avait repéré un créneau météo et j’avais décidé de le suivre même si la navigation me semblait musclée, il faut dire que le drôle avait nettement plus d’expérience que moi à la mer. C’est donc à 5h – oui, du matin! – que nous avions programmé le réveil en nous couchant ce fameux soir de Noël à Viveiro, avides de retrouver la mer pour nous diriger vers Lisbonne y fêter le premier de l’an.

Je vous invite à suivre attentivement les aventures d’Anouk, Hugo et leur « Dis oui » sur Facebook: www.facebook.com/bateauDisOui/

Un grand merci et bises à eux deux, on va se recroiser, pour sur!

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1 Comment

  1. olivier février 2017

    hello les heros, grouillez vous ! grig et marie sont arrivés à la graciosa .
    vent dans les haubans – pory-
    pas de news de coco et lolo
    olivier baf au chô à pô

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